La peur de l’abandon

Il y a quelques temps, j’ai réalisé que j’avais peur de l’abandon. Au fond, cela fait quelques années que je le sais. Disons que j’ai récemment compris l’ampleur du phénomène et ce que cela impliquait réellement.

J’ai pris conscience d’à quel point c’est douloureux. A quel point c’est difficile de sortir de ce schéma de fonctionnement. La preuve, je le sais depuis bien longtemps, et je suis toujours en plein dedans.

Ceci dit, je suis passée par plusieurs phases différentes.

Dans toutes mes relations, amicales d’abord, puis amoureuses, je me suis pliée en quatre pour plaire aux autres, pour que les gens m’aiment, pour ne pas qu’on m’abandonne. Jusqu’à m’oublier moi-même. Jusqu’à mettre de côté mes propres désirs et mes propres besoins. Je faisais toujours tout en fonction des autres.

Jusqu’à ce que ça fasse trop. A ma rupture, il y a un truc qui a cassé en moi. J’ai perdu patience avec les autres. J’ai reporté tout ce dévouement et cette bienveillance sur moi.

Je pensais ce revirement sain, mais j’ai fini par comprendre, il y a peut-être un mois, que pas du tout. J’ai fait un gros blocage pendant lequel je refusais à tout prix de m’ouvrir à qui que ce soit. Je ne me l’expliquais pas vraiment, mais au fond j’avais simplement peur de souffrir, qu’on me laisse tomber une fois de plus. J’ai érigé une barrière entre moi et les autres pour me protéger, car je n’étais pas prête à avoir mal pour le moment. Je devais guérir avant.

Et puis, il y a peu de temps, j’ai pris une autre forme de distance avec les autres. J’ai commencé à m’enfermer dans une bulle, à ne plus vouloir répondre aux autres. J’étais persuadée que plus aucune relation ne valait mon temps, que quoi qu’il se passe, je ne serai jamais la priorité de qui que ce soit. C’était douloureux, je me suis retrouvée très seule, et ça ne m’a pas fait avancer. Ca n’a fait que creuser le trou dans mon coeur.

Alors quoi ? Comment on fait ?

Parce que la vérité, c’est que je suis encore à cette dernière étape ce soir, au moment même où j’écris ces mots. Je préfère m’isoler, partager moins, juste le nécessaire, pour faire croire que tout va bien, alors qu’au fond de moi je hurle à qui voudra bien l’entendre que j’ai besoin qu’on me sauve de cet enfer.

J’ai envie des autres, mais j’en ai peur.

J’ai envie de m’ouvrir, mais je suis effrayée.

A cause de tous ceux qui sont passés par là avant et qui ont tout laissé en chantier derrière eux.

Par contre, aujourd’hui, j’ai entendu quelque chose qui a vraiment résonné en moi. Une femme expliquait, par rapport à ses relations amoureuses, qu’elle avait fini par comprendre que la façon dont les autres la traitent n’est au final qu’une projection d’eux-mêmes, que ça n’a rien à voir avec elle, avec ce qu’elle est, ce qu’elle représente. Ce qui est tout à fait vrai, quand on y pense.

Ca va être difficile à accepter, parce que j’ai forcément tendance à me remettre en question quand une de mes relations se passe mal, ou en tout cas moins bien que d’habitude. Chacun traverse ses propres épreuves et ne peut pas nécessairement composer avec tout le reste en même temps.

Il va aussi falloir que j’accepte et que je trouve une solution au fait que moi-même je projette mes traumatismes passés sur les autres. Quand je suis en colère après une amie, par exemple, c’est souvent à cause de moi, plus qu’à cause d’elle. Elle n’a rien à voir là-dedans, mais c’est une cible facile, bien plus facile à attaquer que moi-même.

J’ai eu mal, tellement mal, quand j’ai fini par comprendre tout ça, si tu savais. Mais c’est une étape de plus vers la femme que j’ai envie de devenir, pleine de bienveillance et d’amour pour les autres.

Je ne perds pas espoir.

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