[partie 1]

Elle avait acheté cette maison un peu dans la précipitation, sans trop réfléchir à ce dont elle avait réellement besoin. Pendant des décennies, la propriété avait appartenu à la même famille, jusqu’à ce que l’un des plus jeunes souhaite s’en débarrasser. Elle est la seule à avoir fait une offre. Bien en-dessous du prix du marché, mais ils n’ont pas eu d’autre choix que d’accepter. Il fallait se rendre à l’évidence : cette bâtisse nécessitait un trop gros investissement en termes travaux pour continuer à tenir debout.

Avant qu’elle n’emménage, la maison n’avait pas été entièrement vidée. Simple négligence ou volonté de se débarrasser du passé ? Quoi qu’il en soit, elle découvrait chaque jour un nouveau placard rempli de bibelots, un nouveau meuble, voire même carrément une pièce entière.

Ce jour-là, elle avait un peu de temps à tuer, alors elle décida de monter au grenier, par curiosité, pour voir qu’elle pourrait y trouver d’intéressant. Quand elle arriva en haut des escaliers, elle tomba sur une petite pièce remplie de livres. Partout, des livres. Du sol au plafond, des livres. Elle s’avança un peu. Au centre de ce drôle de cabinet se trouvaient une table et des chaises, puis juste à côté, un vieux fauteuil en cuir. L’ensemble était resté dans son jus, comme si personne n’y avait touché depuis des années. La preuve en était qu’il restait des feuilles volantes sur la table, et même un livre ouvert sur l’un des accoudoirs du fauteuil.

Au début, elle n’osa rien toucher, de peur de briser la sérénité qui se dégageait de l’endroit. Mais plus les secondes passaient, mais sa curiosité était piquée.

A ses yeux, une telle bibliothèque était un trésor. Elle ne savait pas par où commencer, elle ne savait pas où poser ses yeux en premier. Alors elle continua d’avancer et prit le premier livre qui se présentait à elle. Il avait une couverture rigide d’un marron très clair, presque beige. Elle ne porta pas attention au titre de l’ouvrage, cela lui importait guère. Sans réfléchir, elle alla doucement s’assoir dans l’imposant fauteuil, près de la grande fenêtre, et entama sa lecture, alors que la nuit commençait à tomber dehors.

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