Petite Marie recherche nid douillet

Ce soir, après une longue discussion avec une amie, j’en suis arrivée à questionner le sentiment de « maison ». Parce que pour moi, plus qu’à un simple lieu, la « maison » renvoie surtout à une perception. Tu peux habiter quelque part sans que ça soit forcément ta maison, et tu peux à l’inverse te sentir à la maison sans pour autant te référer à un lieu physique.

J’ai été amenée à réfléchir à tout ça en parlant de ma recherche d’appartement (d’ailleurs si tu connais quelqu’un qui loue un deux pièces à Lyon fais-moi signe). Quand je suis arrivée dans la très célèbre cité des gones, j’étais une étudiante un peu paumée en quête de renouveau (j’ai été servie depuis 2020 niveau chamboulement), et à l’époque, je n’ai pas pris en compte le facteur télétravail dans mes recherches d’appartement. J’ai trouvé un petit nid douillet qui paye pas de mine de prime abord, et qui au final est vraiment devenu ma maison, mon refuge, ma safe place. J’ai tout construit autour de ce lieu qui représentait pour moi ma famille, mon recoin chaleureux dans cet endroit où je ne connaissais rien ni personne. J’ai bâti ma petite vie, ma nouvelle vie, avec au moins cette assurance qu’en passant le pas de ma porte, j’allais me retrouver à la maison.

Mais voilà, le temps a bien passé, et aujourd’hui ma vie est à mille lieux de ce qu’elle était quand j’avais 21 ans. J’ai besoin d’une maison plus grande pour faire de la place à toutes mes passions, à mon nouveau quotidien d’adulte comme je me plais à le dire (et à tout mon bazar aussi, on ne va pas se mentir). Du coup, je suis à la recherche d’un nid douillet qui voudra bien m’accueillir pour le temps qu’il me reste à passer dans la plus belle ville de France (tout à fait objectivement).

Depuis peu, je ressens le besoin de déménager, et pourtant, je sais d’ores et déjà que ça va me briser le coeur en mille morceaux de quitter cette petite maison que j’ai mis deux ans à façonner à mon image. Me connaissant, je vais en pleurer des jours durant, car j’ai cette faculté de m’attacher à toutes les choses qui m’entourent. C’est très difficile de se dire qu’on va quitter un endroit où on se sent bien et en sécurité pour aller vers l’inconnu, car on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

C’est marrant au final toute la symbolique que porte pour moi ma maison. Elle m’a vue au plus bas, et elle m’a vue au meilleur de mes capacités. Elle a connu très peu de personnes car j’ai voulu la protéger comme un nouveau-né qui serait trop fragile pour le monde extérieur. Je m’y sens tellement bien que j’ai peur qu’un.e inconnu.e vienne détruire ce que j’ai bâti là. Je me suis battue plus fort que jamais ici, je me suis débattue, même.

J’ai l’impression qu’une partie de moi sera toujours ici, qu’un fragment de mon coeur, de mon âme sera à jamais accroché à ces murs qui m’ont accueillie, rassurée, protégée pendant deux ans (et bientôt plus). J’ai grandi, tellement grandi ici, je me suis sentie capable de rien un jour, puis de tout le lendemain. Je me suis sentie pousser des ailes à mesure que j’avançais.

Et de me dire que je vais devoir quitter tout ça, tôt ou tard, ça me déchire. Mais j’essaie de me persuader que c’est uniquement pour du mieux. Je reste confiante en me disant que je suis le chemin que l’univers a voulu que je suive et qu’il est temps pour moi d’aller grandir ailleurs, dans une autre maison.

Keep in mind that everything happens for a reason.

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