plus tard

Depuis toujours, on me demande ce que je veux faire « plus tard », et je n’ai jamais vraiment su comment répondre à cette question. J’aurais pu être pompière, architecte d’intérieur, puéricultrice, couturière, ou encore ingénieure. Mais petit à petit, certaines portes se sont fermées parce que je n’étais pas assez ceci, ou trop cela. On m’a influencée, orientée, en me faisant croire, bien sûr, qu’on me laissait le choix à chaque étape.

Les années ont passé, et à dix-sept ans on m’a demandé de choisir ma voie. Mais là, c’était le vide. La page blanche. Je me suis questionnée pendant des heures, des jours, des semaines. J’ai cherché désespérément qui j’étais, ce que je voulais, ce que j’aimais. J’ai fonctionné par élimination jusqu’à arriver à un résultat qui ne me déplaisait pas trop. C’est triste, un peu, quand on y pense.

La version honnête de l’histoire, c’est qu’en mon for intérieur, je voulais hurler au monde entier que mon rêve, ça a toujours été d’être auteure. Mais tu vois, auteure, ça s’étudie pas à l’université, c’est pas stable, c’est pas un vrai métier. « Il faut du talent », « il faut avoir de la chance ». Par dépit et la mort dans l’âme, j’ai dû choisir autre chose, par sécurité, avant de peut-être avoir la chance de pouvoir m’épanouir dans ce qui me plaît vraiment, écrire.

Aujourd’hui, on est arrivé à ce fameux « plus tard », et la vérité c’est que je ne sais toujours pas ce que je veux faire « plus tard ». Je ne le saurai probablement jamais. Parce que j’ai tendance à changer d’avis comme de chemise, à me découvrir une nouvelle passion chaque semaine et à rêver de toutes les vies que j’aurais pu vivre.

Je reste convaincue que l’être humain n’est pas fait pour une seule destinée, et qu’il y a des milliers de choses qu’on aurait pu faire « si ça c’était passé comme ça ».

Par chance, j’ai réussi à trouver un compromis, un peu par hasard, dans ce fameux « plus tard ». Un hasard pas si hasardeux au final, puisque j’ai peut-être choisi à travers mon inconscient quelque chose qui se rapproche de ce que j’aime vraiment. Aujourd’hui, mon quotidien, c’est la communication (je me plais à dire que je suis community manager, parce qu’on va pas se mentir, c’est carrément plus stylé que chargée de com’). Sauf que tu vois, ce métier, j’en avais même pas connaissance il y a sept ans de ça. Alors comment j’aurais pu savoir à quinze ans ce que je voulais faire « plus tard » si je n’avais même pas conscience que mon futur métier existait ?

Et la question qui hante mes nuits maintenant, c’est « encore combien de temps ? ». Pendant encore combien de temps je vais faire ça ? Pendant encore combien de temps ça va me plaire ? Je sais que ce plaisir que j’ai là a une date de péremption. Il sera bien vite épuisé. Je sais que dans dix ans, ma vie n’aura plus rien à voir avec ce qu’elle est aujourd’hui.

Et on en revient toujours à la même question : qu’est-ce que je vais faire plus tard ?

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