se laisser le temps de penser

Je me suis rendue compte aujourd’hui que pour que les mots me viennent dans le bon ordre, pour que j’arrive à mettre par écrit le bordel que j’ai dans la tête, je dois me laisser le temps de penser, et ce n’est finalement pas un exercice si simple que ça. Je ne dois rien faire, juste attendre, et laisser les mots venir d’eux-mêmes jusqu’à moi.

C’est comme ça que m’est venue mon idée du jour, car j’ai réalisé il y a quelques temps que je m’autorisais rarement à penser. C’est tout bête, mais pendant très longtemps, des années, j’étais terrorisée à l’idée de me faire souffrir en prenant du recul. Alors je fonçais tête baissée sans jamais vraiment réfléchir, sans jamais me poser des questions.

Mais un jour, tu arrives à un point de non-retour, face à un mur qui t’oblige à t’arrêter. Faire une pause. Faire deux pas en arrière. Et contempler. Sauf que ça fait peur, de se poser des questions, surtout quand il s’agit des bonnes questions, des questions qui peuvent faire mal, voire tout bousculer.

Et je pense que c’est un vrai sujet, en fait, de se laisser le temps de penser. Parce que j’ai ma vision des choses, mais je suis persuadée que c’est un vice humain qui ne touche pas que moi. On doit toujours faire, être dans l’action, enchaîner, sans jamais vraiment questionner le processus à l’œuvre et le monde qui nous entoure.

J’en suis arrivée à un stade où je ne me sentais plus à ma place dans ma tête, plus en sécurité face à mes pensées. Je me sentais menacée, car au fond je sentais bien qu’au moindre faux pas, tout pouvait s’effondrer. Les fondations n’étaient pas là. Et tout l’enjeu, c’est de reprendre le pouvoir là-dessus, car la solution, ça n’est pas de fermer les yeux. En tout cas, ça n’est pas une solution durable.

C’est OK de prendre son temps. C’est OK de se poser des questions, de ne pas être sûr de tout ce qu’on fait, de tout ce qu’on entreprend. C’est OK de faire des erreurs. Et surtout, c’est absolument OK de souffrir.

Il m’a fallu très longtemps pour l’accepter. Ca n’est pas la chose la plus aisée qui soit, car tout remonte à la surface au même moment. Il faut réussir à faire le tri entre toutes les pensées refoulées. Les observer et les traiter une par une, en prenant son temps.

Le fond du message que je souhaite te faire passer aujourd’hui, c’est qu’il est pour moi essentiel d’avoir des instants de vides, où tu laisser les pensées aller et venir comme bon leur semble.

Et qui sais, tu seras peut-être surpris.e.

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