Tu ne peux pas demander à un inconnu de ne pas se comporter en inconnu

Depuis quelques mois, j’ai été amenée à rencontrer beaucoup de nouvelles personnes, et il m’est bien souvent arrivé d’être frustrée parce qu’il n’y avait pas vraiment de connexion particulière avec elles. Je me sentais triste parce qu’on ne m’accordait pas d’importance et que je n’arrivais pas à partager quelque chose de profond avec ces gens-là. Je ne comprenais pas, je me disais que le problème venait de moi, que j’étais peut-être une solitaire, après tout.

Et puis j’ai commencé à apprécier tout ce temps que je passais seule. J’ai appris à me connaître moi-même, à vraiment me connaître. J’ai réussi à mettre un sens derrière un tas de schémas inconscients que j’avais intériorisés avec les années. J’ai commencé à comprendre mes différentes réactions, mais aussi à pouvoir les anticiper, donc les éviter si elles ne correspondaient pas à ce que je voulais être. J’ai en quelque sorte appris à vivre en harmonie avec moi-même avant de pouvoir vivre en harmonie avec les autres.

Quand j’ai vraiment atteint un stade où j’étais capable d’être heureuse par mes propres moyens, j’ai compris une chose fondamentale vis-à-vis de mes relations. Le problème de toutes ces rencontres que j’avais faites au préalable, c’est que je cherchais dès le début à avoir une connexion profonde avec l’autre, quelle que soit la nature de notre lien. Sauf que la confiance, ça se construit avec le temps.

Puis un jour, j’ai lu quelque part que le souci qui se pose dans notre société, une société de l’instantanéité, c’est que l’on demande à des inconnu.es de ne pas se comporter comme des inconnu.es avec nous. Ce qui est complètement stupide quand on y pense.

Encore une fois, une relation, ça demande du temps, de l’investissement.

Dit comme ça, ça a l’air pas grand chose, mais ça a été une grande leçon pour moi qui m’a permis d’envisager mes relations avec beaucoup plus de bienveillance. Je ne suis plus sans cesse dans la demande avec les personnes que je ne connais pas encore bien, je leur laisse le temps d’évoluer à leur rythme dans notre histoire.

J’ai tendance à prendre les choses très à coeur et à me faire croire à moi-même que les autres ont quelque chose à me reprocher, simplement parce qu’ils ne sont pas disponibles le même jour que moi, par exemple, ou qu’ils n’ont pas employé le ton que j’espérais en me parlant.

J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir dans ce domaine-là, mais j’ai déjà compris et accepté cet aspect de ma personnalité. L’acceptation est, je pense, l’étape la plus difficile.

Tu n’es pas disponible en même temps que moi ? C’est OK, on va trouver un autre moment pour se voir. Tu n’es pas prêt.e à me voir à ce moment-là ? C’est OK, prends ton temps. Le temps, on en a plein devant nous. Bon, après, si tu attends deux mois pour me rappeler, tu risques quand même d’être mal reçu.e.

Le tout c’est de trouver un juste équilibre. Et la clé, selon moi, c’est la bienveillance. On ne vit pas tous les choses de la même manière, avec la même temporalité. Il suffit de parler, d’échanger, et de se mettre d’accord, de trouver un compromis.

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